L'Europe doit agir pour une démolition navale sans risque pour l'environnement et les travailleurs Greenpeace manifeste pour des navires propres devant le Berlaymont, un bâtiment autrefois bourré d'amiante
Bruxelles, le 19 juin 2003, une équipe de grimpeurs de Greenpeace a entrepris ce matin d'escalader le Berlaymont et appelle l'Union européenne à opter pour une démolition navale respectueuse de l'environnement et des droits élémentaires des travailleurs. Plusieurs banderoles portant la mention "Clean toxic ships now" ont été déployées sur et devant ce bâtiment qui lardé d'amiante, a défrayé la chronique avant d'être désamianté dans les règles. Une délégation de travailleurs asiatiques accompagne Greenpeace et revendique une législation contraignante plaçant l'ensemble des propriétaires de bateaux devant l'obligation de décontaminer leurs navires avant de les envoyer à la casse en Asie.
Cette action constitue le point culminant d'une tournée de trois semaines entreprise en Europe pour obtenir une solution rapide aux problèmes environnementaux et de santé publique engendrés par la démolition navale. Une augmentation sensible du nombre de navires arrivés en fin de vie est attendue dans la prochaine décade suite à l'adaptation de la législation européenne en matière de sécurité maritime (phase out des monocoques). Greenpeace attend de l'Europe qu'elle prenne le leadership en matière de décontamination navale lors de la prochaine réunion de l'Organisation maritime internationale (OMI) qui se tiendra à Londres du 14 au 18 juillet prochains.
Les vieux bateaux sont envoyés par leurs propriétaires dans des chantiers de démolition navale d'Asie où ils sont démantelés sans décontamination préalable.
"Nous nous trouvons au pied d'un building utilisé par l'Union européenne et qui a été décontaminé parce qu'il était bourré d'amiante. Il est impensable que l'Europe prenne des précautions extrêmes pour protéger ses citoyens du danger que représente l'amiante et qu'elle tolère par ailleurs que des propriétaires de bateaux européens envoient ce genre de produits toxiques en Asie où des ouvriers ne disposant pas de la moindre protection les manipuleront parfois à mains nues.
Est-ce admissible pour l'Europe?, se demande Martin Besieux, de la campagne 'Shipbreaking' de Greenpeace."
La législation qui existe actuellement en Inde et au Bangladesh ne permet pas de prévenir l'importation des substances toxiques présentes à bord des épaves à démanteler. Malgré les efforts entrepris dans différents pays pratiquant la démolition navale, les propriétaires de bateaux envoient leurs carcasses toxiques là où la législation est la plus faible. "Cette situation permet à l'industrie navale de ne pas assumer ses responsabilités industrielles lorsqu'il s'agit de se débarrasser d'épaves toxiques. Une législation visant à obtenir la décontamination préalable des épaves avant leur démolition est essentielle si l'on veut permettre à l'ensemble du secteur maritime de fonctionner selon des critères admis par tous, commente par ailleurs Rampati Kumar du bureau indien de Greenpeace."
Le secteur maritime tarde en effet à assumer la responsabilité industrielle de ses activités alors qu'en Asie les plages de démantèlement se transforment en chancres environnementaux (accumulation de dioxine suite à la combustion de câbles en Pvc, transport à l'air libre d'amiante, pollution aux hydrocarbures...).
"Cela fait trois semaines que nous sommes en Europe. Les propriétaires de bateaux et les fédérations navales que nous avons rencontrés refusent d'assumer leurs responsabilités ou de prendre des mesures individuelles. C'est pourquoi nous nous adressons aux politiciens européens afin d'éviter la pollution de nos pays par des substances toxiques venant d'Europe. Si rien ne change, nous continuerons à souffrir de la présence de ces substances toxiques. L'Europe doit agir sans attendre, conclut Mr Salim, ouvrier sur le chantier de démolition navale de Chittagong au Bangladesh."
Par sa présence symbolique sur le 'Berlaymont', Greenpeace entend dénoncer le traitement 'double standard' que l'Europe réserve aux substances toxiques. Les règles couramment admises d'un côté n'ont plus de valeur quand il s'agit de protéger l'environnement et les travailleurs asiatiques des substances que l'Europe leur envoie. L'Europe se doit d'agir sans attendre.
Navires remarquables Le Pacific Princess (le paquebot de " La croisière s'amuse ") fait partie de la liste Greenpeace. Autres navires remarquables...
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