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Opération " Dernier voyage "



Amsterdam, le 14 janvier 2002

A l'attention des propriétaires/exploitants de navires

Depuis plusieurs années, Greenpeace cherche à attirer l'attention au niveau international sur la façon dont les navires sont démantelés. Un navire mis à la casse contient une grande diversité de matériaux toxiques qui menacent la santé des travailleurs et l'environnement. Greenpeace presse les propriétaires/exploitants de navires d'assumer leurs responsabilités quand leurs navires arrivent en fin de vie. Malheureusement, le démantèlement de navires toxiques se pratique encore. Greenpeace vient de lancer un site web d'information publique sur la démolition navale. Nous y publions une liste de 50 navires que l'on s'attend à voir partir à la casse dans les prochaines années. Votre compagnie contrôle l'un des navires de cette liste. Nous vous demandons d'assumer de toute urgence vos responsabilités concernant ce navire. Ce courrier contient quelques informations relatives aux problèmes de la démolition navale et vous présente une déclaration que nous vous proposons de signer, par laquelle votre compagnie s'engagerait à contribuer à la résolution du problème de l'envoi de substances toxiques dans les pays d'Asie.

Un navire contient des matières toxiques dans sa structure ou dans ses équipements et machines. Jusqu'à plusieurs tonnes de divers types d'amiante peuvent se trouver dans les salles de machines, dans les cabines, sur le pont ou dans les appareils. Parmi les autres matières susceptibles d'être présentes on trouve des PCB, ainsi que des gaz et des substances chimiques contenus dans les équipements ou les machines du navire : halon, kérosène, solvants ou encore plomb et acide des batteries. Environ 95% du poids en lège d'un navire est constitué d'acier revêtu de plusieurs tonnes de peintures contenant du plomb, du cadmium, des composés organostanniques, de l'arsenic, du zinc et du chrome. Les déchets générés lors du fonctionnement comprennent plusieurs milliers de litres de déchets graisseux, d'eau de ballast souillée et de résidus d'hydrocarbures (carburant des moteurs, hydrocarbures de fond de cale, huiles hydrauliques et lubrifiants). Une liste de matériaux dangereux trouvés à bord des navires peut être téléchargée depuis www.marisec.org/recycling.

Plusieurs de ces substances sont déjà considérées comme des déchets dangereux par la Convention de Bâle, ce qui signifie que ces substances ne doivent pas être exportées d'un pays de l'OCDE vers un pays qui n'en fait pas partie. En Europe, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis de tels déchets sont soumis à des contrôles spéciaux et leur élimination est coûteuse et fortement réglementée. Pourtant, dans les chantiers de démolition navale du Bangladesh, du Pakistan, d'Inde, de Turquie et de Chine, de vieux navires contenant ces matières sont découpés manuellement, en plein air, sur des plages et le long de quais, dans des conditions de travail inhumaines et dangereuses.

Greenpeace n'est pas opposée à la démolition des navires en Asie (ou ailleurs). Ce à quoi nous nous opposons est la façon dont cette activité est actuellement menée, au mépris total de la santé des travailleurs et dans le plus grand irrespect pour l'environnement. L'industrie maritime a une responsabilité dans cette situation. Les compagnies maritimes sont responsables des matériaux toxiques présents à bord de leurs navires, ainsi que des pollutions environnementales et des contamination par l'amiante qu'ils provoquent. Les mesures strictes prises par des pays de l'OCDE pour empêcher l'exposition à ces substances dangereuses ne devraient pas être contournées en envoyant les navires se faire démolir en Asie. Greenpeace demande que les navires à démanteler soient décontaminés avant d'être exportés en Asie.

Notre nouveau site web, avec des informations sur les pratiques de démolition navale et les solution possibles, est accessible à l'adresse suivante : www.greenpeace.org/shipbreak.

Ce site web présente également une liste de 50 navires indiquant leurs propriétaires et exploitants. Nous demandons à ces compagnies (et à toutes les autres) de prendre leurs responsabilités. Nous vous encourageons à prendre part à la résolution du problème et à mettre fin à l'exposition inacceptable des travailleurs et de l'environnement aux substances dangereuses provenant des navires démantelés. Nous vous demandons de signer une déclaration. Télécharger la déclaration (format pdf). Vous pouvez envoyer cette déclaration à :

Greenpeace
Ms M. Harjono
Keizersgracht 174
1016 DW Amsterdam
Pays-Bas

N'hésitez pas à nous contacter pour plus d'informations : Ms Harjono (mharjono@ams.greenpeace.org, téléphone XX 31 20 524 95 62) ou Mr Futardo (mfutardo@dialb.greenpeace.org). Nous espérons recevoir bientôt votre déclaration signée.

Cordialement,

Greenpeace International



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